L'HISTOIRE DE LA SERVIETTE
L'histoire de la serviette commence à l'époque romaine. Les serviettes blanches, parfois bordées de fils d'or, servent à s'essuyer le visage. Les convives apportent, chacun leur serviette qu'ils gardent précieusement car, comme tout objet rare et précieux, elle est objet de convoitise.
On ne trouve ensuite plus trace écrite de la serviette jusqu'au Moyen Age. A cette époque, les nappes sont très rarement utilisées, les tables creusées formant des écuelles servant à la fois de table et d'assiette.
Les nappes, lorsqu'elles sont utilisées, sont formées d'immenses pièces de tissu pliées en deux avant d'être posées sur la table. On les appelle alors les "doubliers".
De serviette individuelle, on ne parle toujours pas car le bord de la nappe sert à s'essuyer les doigts et la bouche. Si la présentation des mets est alors fastueuse, l'art de la table se limite quant à lui à un tranchoir (plaque de bois ou d'étain) sur lequel on pose une tranche de pain avec pour seul couvert un couteau.
C'est au XIIIe siècle qu'apparaît la "touaille", une pièce de tissu attachée au mur, qui sert à s'essuyer les mains entre les plats.
La serviette de table individuelle ne fait sa véritable apparition qu'au cours du XVIe siècle. Elle est de forme carrée ou rectangulaire, plus grande que les serviettes actuelles et se noue autour du cou pour protéger la fraise (collerettte de linon ou de dentelle empesée). Elle peut mesurer jusqu'à un mètre de large.
En 1530, dans "les Civilités", Erasme dit: "la serviette doit pendre sur l'épaule gauche et l'on doit l'utiliser pour s'essuyer les lèvres avant de boire".
La "singolare dottrina", recueil écrit par Domenico Romoli en 1560, décrit les premiers pliages de serviettes.
Le Grand d'Aussy rapporte qu"Henri III voulut qu'à sa table cette nappe supérieure soit plissée avec art, comme les fraises qu'on portait alors au cou.
Le XVlle siècle voit éclore l'art du pliage des serviettes.
En 1600, lors du mariage d'Henri IV et de Marie de Médicis, la table dressée est ornée de serviettes pliées avec art, représentant une scène de chasse hivernale avec les arbres, les animaux ainsi que les chasseurs.
Maffia Giegher, Italien d'origine allemande publie en 1639 un traité, "Li Tre Trattati", consacré à l'art du pliage.
Cet ouvrage réunit des gravures stupéfiantes illustrant les différentes étapes pour réaliser des pliages de nappes et de serviettes très élaborés, représentant des animaux et destinés à décorer les tables.
Le pliage est uniquement réalisé sur le corps des animaux auxquels sont ajoutées des têtes en cire ou en bois.
D'autres détails sont réalisés en pâte à pain.
En 1692,L'Ecuyer-Tranchant de la Varenne publie un livre de cuisine "Le vrai cuisiner François" dans lequel on trouve les bases du pliage de serviettes indiquant qu'il est nécessaire de "savoir bien bastonner et friser" pour plier les serviettes, c'est à dire plisser en petits plis et plier en accordéon. Il propose ainsi de nombreux pliages représentant diverses figures animalières, des couvre-chefs et des croix symboliques.
Au XVIIIe siècle, l'art de la table est un élément indispensable de la culture et du faste des cours royales et impériales européennes.
La serviette est alors parfois d'une taille et d'un luxe impressionnants.
L'ouverture de la première fabrique de porcelaine à Meissen en 1710 marque l'avènement de services composés de nombreuses pièces assorties. Ils sont alors associés à de superbes couverts en argent et agrémentés de serviettes d'une richesse éblouissante.
Les pliages rivalisent alors d'inventivité et l'on donne à la serviette, aussi utile que décorative, les formes les plus extravagantes.
Au XIXe siècle, à la cour de François-Joseph 1er, les magnifiques serviettes damassées tissées aux armes de l'empereur sont pliées selon une étiquette très précise, encore parfois respectée de nos jours lors de certains banquets officiels.
A l'époque de nos grands-mères, chaque jeune fille coud et brode son trousseau pour sa dot, rassemblant ainsi le linge nécessaire au fonctionnement du ménage.
La jeune fille orne, à la main, des nappes et des serviettes immenses de superbes monogrammes ou motifs brodés blanc sur blanc ou en couleur.
De nos jours, on trouve des serviettes dans des matières variées et faciles d'entretien. Nappes, vaisselles et serviettes ont pris des couleurs et des motifs pour permettre à chacune de créer un décor de table original et personnel.
Si les convives sont assez éloignés les uns des autres, il est possible de disposer la serviette à droite ou à gauche de l'assiette. Ne pas placer la serviette trop près des verres, ce qui serait dangereux et inesthétique, ni trop près du couvert voisin afin que les convives ne se trompent pas de serviette.
Si le couvert est disposé à l'anglo-saxonne avec une petite assiette à pain à gauche du couvert, et que pain et beurre ne sont pas servis avant le début du repas, poser la serviette sur l'assiette à pain.
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